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OBJECTIF PARIS 2024

« Si je suis toujours là, c’est parce que je crois en cette équipe. »

Barbara Nelen

La milieu gantoise, qui évolue chez les Red Panthers depuis 2008, est désormais la doyenne de l’équipe nationale féminine belge. Si la joueuse de trente ans avait prévu de mettre un terme à sa carrière internationale après les Jeux olympiques de Tokyo, la non qualification des Red Panthers et son ambition, toujours présente, en ont décidé autrement. Au lendemain de son retour d’Argentine, où les Red Panthers ont subi deux défaites encourageantes en Pro League, face à l’une des meilleures équipes mondiales, et à quatre mois de la prochaine Coupe du monde, nous avons rencontré celle qui est aussi l’une des capitaines de l’actuelle 7ème nation au classement mondial. 

Barbara Nelen commence le hockey à La Gantoise dès l’âge de quatre ans. Poussée par une famille de hockeyeurs, elle se retrouve en équipe première à quatorze ans. Et très vite, les résultats s’enchaînent. Elle est sacrée championne de Belgique lors de sa première saison chez les dames, avant de remporter un deuxième titre, deux ans plus tard. Si la joueuse se souvient de son baptême du feu en équipe nationale, à l’occasion d’un match amical contre le Polo de Barcelone, en 2008, son histoire avec les Red Panthers débute réellement en 2010, lorsqu’à 19 ans, elle joue, à San Diego, son premier tournoi qualificatif pour la Coupe du monde. Dans la foulée, les Red Panthers, alors classées 28ème au classement mondial,  participent, à Kontich, aux qualifications pour les Jeux olympiques de Londres. « Jouer à domicile et obtenir notre billet pour les Jeux en 2012, reste, à ce jour, l’un de mes meilleurs souvenirs de hockeyeuse. » Si les Red Panthers terminent le tournoi à la onzième position, elles marquent l’histoire du sport belge en devenant la première équipe dames dans un sport collectif à se qualifier pour les Jeux olympiques. Depuis, elles ont confirmé leur nouveau statut en remportant la médaille d’argent (2017) et la médaille de bronze (2021) aux Championnats d’Europe.

La joueuse gantoise, encore sacrée deux fois championne de Belgique avec le Braxgata (2016 et 2017), et une troisième fois avec La Gantoise (2021), remportera, entre-temps, trois sticks d’or (2011, 2014 et 2016), et goûtera même aux joies du championnat hollandais, le meilleur au monde, en jouant une saison pour Oranje Zwart. Consciente du chemin parcouru depuis ses débuts en équipe nationale, elle est convaincue que le travail finira par payer. « On a pris l’habitude de dire, à juste titre, que nous étions dix ans en retard par rapport aux Red LionsEn 2010, nous n’avions que deux entraînements semaine, actuellement, nous en avons quatre, plus trois sessions de fitness, deux entraînements en club, et match le dimanche. » Cela représente, à l’instar de leurs homologues masculins, six jours de hockey par semaine. Entièrement dévouée à son sport, son statut semi-professionnel lui permet de vivre de sa passion, mais elle connaît la nécessité d’assurer ses arrières. En parallèle du hockey, Barbara, qui a d’abord entamé des études de diététicienne, a enchaîné avec un diplôme en psychologie, avant de se lancer, plus récemment, dans une formation d’institutrice, et de s’associer ave sa maman pour créer Babs & Bulle. Une marque de tissus colorés qui proposent des poufs, des sacs à mains, des sacs à dos, des housses pour ordinateurs portables... « Le hockey féminin en Belgique se professionnalise mais nous sommes néanmoins toutes obligées de penser à l’après carrière. »

Aujourd’hui, les Red Panthers sont plus que jamais décidées à franchir un nouveau palier. Les joueuses et leur coach néerlandais, Raoul Ehren, ont oublié la désillusion des Jeux de Tokyo pour se concentrer sur les prochains objectifs. L’équipe a mûri, elle peut compter sur un groupe homogène où les jeunes ont acquis de l’expérience, et les plus expérimentées sont revanchardes. « La mentalité a fortement évolué. J’étais, par exemple, super heureuse d’apprendre que nous étions 7ème au ranking mondial, les plus jeunes, elles, trouvaient ça presque normal. » Force est de constater qu’une certaine culture de la gagne s’installe chez les Red Panthers. L’équipe présente dorénavant un bon équilibre entre expérience et jeunesse, et toutes les joueuses regardent dans la même direction. « Jusqu’ici, nous n’étions pas assez préparées mentalement, et ça nous a couté cher. Maintenant, nous  travaillons vraiment notre fighting spirit et ça fera la différence à court termeCette équipe est là pour gagner et progresser, l’ambiance au sein du groupe est excellente, et nous sommes toutes très exigeantes avec nous-mêmes.» 

Au niveau des échéances, les play-offs du championnat de Belgique se rapprochent. La Gantoise en tête de la division d’honneur, invaincue depuis le retour de son enfant chérie, il y a trois ans, vise un deuxième titre consécutif, avant de prendre part à l’Élite Hockey League (EHL), pour la première fois en division A. Barbara et cinq de ses coéquipières, également sélectionnées chez les Red Panthers, pourront, enfin, se focaliser sur les prochains matchs de Pro League, aux Etats-Unis et en Angleterre, ou encore en Belgique, face à l’Espagne, l’Inde et la Chine. Une fin de saison chargée qui se terminera en apothéose, au mois de Juillet, avec la Coupe du monde en Espagne. « Que ce soit cet été ou aux Jeux de Paris en 2024, je suis confiante et convaincue que l’on peut réaliser de très belles choses avec les Red Panthers ! »

C’est tout le mal que l’on souhaite aux joueuses belges et à Barbara, qui pourra ensuite ranger son stick pour devenir institutrice, tout en gardant un pied dans le hockey, et pourquoi pas, comme coach mental des Red Panthers.