Marc_Coudron

Les 4 derniers défis de Marc Coudron

En juin prochain, le Bruxellois, ancien recordman des sélections nationales (358), achèvera son quatrième et dernier mandat. A 50 ans, celui qui a d’abord marqué les esprits comme formidable joueur,
en avance sur son temps, avant de devenir un président, idéaliste et ambitieux, de l’Association Royale Belge de Hockey, va passer la main. Une dernière année dense que Marc Coudron entend bien
exploiter, à fond, pour finaliser certains projets ou pour en mettre d’autres sur les rails afin que le hockey belge poursuive sa marche en avant. « Il est essentiel de se remettre continuellement en question.
Rien n’est impossible ! » 

1.

Gérer l’après Covid-19

« J’espère sincèrement que dans un an, cette pandémie sera derrière nous. Mais c’est une évidence que la crise du coronavirus aura des conséquences sur le sport belge et sur l’ensemble de l’économie. Cela dépassera le cadre du hockey. Cela pourra changer la donne au niveau des sponsors et des subsides. Les clubs risquent d’éprouver plus de difficultés pour maintenir leurs budgets en équilibre. Il sera donc essentiel de se montrer très prudent. Pour cette prochaine saison, nous avons tablé sur une croissance nulle. Dans nos budgets, nous avons été circonspects par rapport à nos rentrées et pessimistes par rapport à nos rentrées. Nous avons pris pas mal de mesures comme le report du dernier paiement des cotisations que les clubs devaient payer aux Ligues (NDLR : de mai au début septembre) afin qu’ils passent les mois d’été un peu plus sereinement. Malheureusement, nous ne sommes pas Crésus et nous avons essayé de trouver des solutions. Mais nous serons là, avec les Ligues, pour aider les clubs à passer ce cap. »

2.

Amener les Red Panthers au sommet

« En loupant les Jeux de Rio puis ceux de Tokyo, le hockey féminin a été mis sous l’éteignoir alors que la spirale était positive. Nous atteindrons d’ailleurs bientôt l’équilibre hommes-femmes au niveau de nos membres. Je sais que nos Red Panthers peuvent, elles aussi, obtenir les mêmes résultats que les messieurs. La roue va tourner. Ce sont les joueuses qui doivent continuer à bosser très dur. Nous avions mis les meilleures solutions en place pour décrocher la qualification pour les Jeux. Shane McLeod était venu aider tout comme Vincent Vanasch. Mais n’avons peut-être pas insisté suffisamment sur cette gestion de la victoire ou sur la peur de gagner. Mais je n’ai aucune crainte que cela ne se passe pas bien dans le futur. Les Panthères ont toutes les cartes en main pour réussir et il y a de la qualité en U21, U18 et U16. Ce sera, selon moi, la prochaine belle histoire du hockey belge. » 

3.

Enfin un stade national

« Ce ne sera pas pour moi. Il ne faut pas rêver. Cela fait déjà 6 ans que l’on discute de ce dossier à Bruxelles. C’est triste d’assister à toutes ces lourdeurs dans la prise de décision. Nous n’aurons pas un stade national avant 2025, voire 2027. Mes sentiments sont partagés. Je suis très positif par rapport à l’aide que l’on reçoit de l’Adeps, de Sport Vlaanderen et des différents ministres régionaux en charge des sports. Nous ne pouvons pas nous plaindre. C’est réellement important à préciser.  Par contre, sur Bruxelles, pour le stade national, cela demeure très compliqué car nous sommes confrontés à une véritable lasagne institutionnelle puisqu’il faut, à chaque fois, réunir l’ensemble des intervenants (NDLR : commune, région, Cocof, Beliris, etc.) et les amener à se mettre d’accord. C’est parfois un peu désespérant. Je suis toutefois très heureux que le stade régional de Wavre puisse accueillir très bientôt ses premières rencontres internationales. »

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4.

Préparer sa succession

« Je crois que ce sera plus simple d’être président en 2021 qu’en 2005. La seule chose essentielle, c’est que le hockey continue à se développer. Mon unique volonté est que tous les voyants soient au vert quand je cèderai le témoin. Le nombre de membres n’est pas important. Il est juste indispensable que chacun se sente bien accueilli dans les clubs et qu’on insiste sur les valeurs du hockey. Tout le reste découle de ce postulat de départ. Aujourd’hui, il n’y a pas encore de candidat déclaré. C’est un peu tôt. Mais si personne ne se manifeste dans les prochains mois, je prendrai des contacts. Je n’ai pas de candidat idéal en tête. Celui-ci devra juste se mettre au service du hockey belge en ayant la volonté de faire avancer les choses. Toutefois une chose est certaine, le futur président ne pourra pas simplement se contenter de gérer. Cela permettrait aux autres de nations de rattraper leur retard sur la Belgique… »

“Un simple maillon de la chaîne”

Depuis le 11 juin 2005, jour de son intronisation à la tête du hockey belge, Marc Coudron a immédiatement suscité l’unanimité. Son discours franc, direct et ambitieux a séduit. Mais l’essentiel, c’est que le Belgicain a vu juste. Il a mené la discipline au sommet mondial et il a permis à l’ARBH de devenir une fédération respectée et influente sur la scène internationale. Mais le Bruxellois n’est pas du genre à se montrer nostalgique au moment de démarrer cette ultime année de mandat. « Je suis heureux de l’évolution dont l’ensemble de notre sport a pu profiter depuis 15 ans. En ce qui me concerne, j’ai beaucoup de détachement par rapport à ma fonction. J’entends évidemment toutes ces marques de gentillesse. Certains disent que tout ce qui arrive aujourd’hui, c’est grâce à moi. Mais je ne suis qu’un maillon de la chaine. En réalité, je n’aurais rien pu faire seul. J’ai juste eu la chance de pouvoir m’appuyer sur une équipe exceptionnelle. Quand je vois la croissance des clubs et le développement de leurs installations, je n’ai rien à voir là-dedans. Ce sont les comités qui ont sont parvenus à déplacer des montagnes grâce à leur force de travail incroyable. » 

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