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UN CAFE AVEC... ALEX DE PAEUW

« Nous avons un très gros match ce week-end contre le Brax ! »

Boris Rodesch


De retour dans son club de cœur, Alex de Paeuw a quitté La Gantoise l’été dernier pour faire une dernière pige au Watducks. Le milieu de terrain, âgé de 34 ans, met ainsi sa carrière de coach féminin entre parenthèse pour privilégier la vie de famille, les études et le terrain.

Nous le retrouvons au Pain Quotidien à Waterloo.

Après un début de saison très compliqué où le Watducks a débuté avec trois défaites, dont deux à domicile contre le Braxgata et le Léopold, l’équipe coachée par Jean Willems s’est imposée dimanche dernier à l’Old club, signant, du même coup, un joli 12 sur 12. Avec 15 points sur 27, le Watducks, qui a su redresser la barre, est désormais 5e au classement de la DH. « Notre début de championnat était mitigé. Après, peu d’équipes peuvent se vanter de proposer un jeu chatoyant en septembre. Le début de championnat se joue surtout sur l’efficacité défensive sur P.C et sur l’efficacité offensive dans le cercle. Nous avons pêché dans ces deux secteurs et nous avons perdu des bêtes points. Heureusement, on a pu compter sur la mentalité très positive du vestiaire pour réagir. On a un très gros match ce week-end contre le Brax, et puis, nous enchaînerons avec deux gros morceaux en déplacement, au Racing et à La Gantoise. » Et si vous demandez à Alex de Paeuw ce qu’il pense de ses nouveaux coéquipiers ? « L’équipe est très forte collectivement mais notre point faible est l’étroitesse du noyau. Si les jeunes ont vraiment beaucoup de talent, l’équipe doit progresser en terme de consistance car nous avons encore du mal à prester à notre meilleur niveau pendant 70 minutes. Enfin, je suis particulièrement impressionné par Maxime Van Oost. Il a tout pour devenir un très bon joueur international, même si ce ne sera pas facile de faire sa place dans la meilleure équipe du monde où les deux Arthur évoluent déjà en défense centrale. »


Un choix logique

Si Alex de Paeuw a déjà connu une très belle carrière semi-professionnelle, que ce soit avec les Red Lions, l’Orée, le Watducks ou La Gantoise, il tient depuis toujours à se diversifier. Désormais papa de deux petits garçons et diplômé de l’EPHEC, au cours des dernières années, il a fait ses premières armes professionnelles dans le milieu du management sportif et dans la société familiale — active dans le secteur du management privé et de l’investissement — qu’il sera amené à reprendre. « J’ai toujours voulu avoir d’autres activités en dehors du hockey. Passionné par la finance, je me suis lancé dans un Masters — en cours du soir à l’ICHEC — en fusion et acquisition d’entreprises. » Un emploi du temps très chargé qui explique en partie pourquoi l’ancien Red Lions a choisi de quitter La Gantoise où, en plus d’évoluer en DH, il était aussi l’entraineur adjoint de l’équipe Dames depuis deux ans. « Vivant à Waterloo, les allers retours Bruxelles-Gand devenaient trop compliqués. J’ai donc accepté la proposition de Jean Willems qui tenait à me faire revenir au club pour apporter mon expérience à l’équipe.» Six ans après son départ pour l’Orée, Alex de Paeuw, qui abandonne aussi momentanément son activité de coach, retrouve donc les verts et blancs. « L’ADN du club n’a pas changé, l’équipe est jeune et talentueuse. C’est aussi comique d’évoluer avec des joueurs que j’ai coachés chez les jeunes, et c’est aussi super que les anciens, comme Maxime Luycx et Ben Van Hove, soient toujours impliqués dans le club. Sportivement, j’espère éviter les blessures, porter l’équipe et aider les jeunes à grandir. D’un point de vue pratique, le club est à côté de chez moi, mon fils aîné a commencé le hockey en septembre, Jean Willems me permet de suivre un programme d’entraînement adapté en fonction de mon Masters… En bref, revenir au Wat était un maître choix ! »

4 titres de champion de Belgique

Revenons, ici, sur le parcours de l’une des valeurs sûres de notre championnat : Alex de Paeuw évolue à l’Orée dans les catégories d’âge et rejoint la Division d’honneur à dix-sept ans, où il se bat pour le maintien dans une équipe déjà coachée par Jean Willems. En parallèle, il intègre le cycle national avec les U-21, et il est repéré par Pascal Kina, le coach du Watducks à l’époque, qui le convainc de l’importance de faire ses preuves dans un grand club s’il désire rejoindre l’équipe nationale A. « J’ai signé une première fois au Watducks à l’aube de la saison 2008-2009 et nous avons d’emblée remporté le titre de champion de Belgique. » Comme pressenti par Pascal Kina, Alex de Paeuw intègre ensuite rapidement l’équipe nationale Messieurs, avec laquelle il se qualifie pour les Jeux olympiques de Londres 2012, auxquels il ne participera finalement pas, ayant contracté les oreillons. Dans la foulée, revanchard, il remportera encore trois titres consécutifs avec le Watducks, entre 2012 et 2014.

 

Benoît Paire et les Dames de La Gantoise

Etudiant à l’EPHEC en marketing international, il décide alors de jouer une année au club Egara Terrassa, en Espagne, avant de revenir jouer à Waterloo, la saison 2015-2016, pour se donner toutes les chances de faire partie des Red Lions qui s’envoleront à Rio pour participer aux Jeux olympiques. « Au-delà de notre médaille d’argent, je me souviens du jour où je me suis retrouvé pour la première fois dans le village olympique, je réalisais mon rêve d’enfant. J’avais notamment rencontré Benoît Paire avec lequel nous avions eu une chouette discussion. » Fort de cette expérience, il tire sa révérence internationale et choisit de signer son retour à l’Orée. Titulaire incontesté en DH, c’est ici qu’il découvre les joies du coaching en devenant T1 de l’équipe première Dames en Division 1. Après quatre saisons à l’Orée, Pascal Kina, désormais coach des messieurs de La Gantoise, lui propose une nouvelle-fois de rejoindre son équipe, mais également le staff de l’équipe Dames comme T2. « C’était un super projet. J’adore coacher, et particulièrement le hockey féminin car il a encore une grande marge de progression. Cette équipe féminine de La Gantoise est exceptionnelle, elle profite d’un noyau complet, mature et ambitieux. C’est le rêve de tout coach de coacher une telle équipe ! » Il remportera deux titres de champion de Belgique avec les Dames, tandis qu’avec les Messieurs, ils atteindront, en juin dernier, la finale des Play-offs où ils s’inclineront contre le Racing sur l’ensemble des deux matches. « Je suis contre cette règle du goal average en finale des Play-offs. Cela entraîne un jeu défensif et des calculs. Vivement le retour des finales en trois manches, sans goal average, avec le recours aux shootouts dans chaque match. » 

Pour conclure, celui qui a vécu la professionnalisation du hockey de l’intérieur nous livre ses doutes quant à l’évolution du sport qu’il aime tant. « Cela n’a pas été linéaire, c’est compliqué de savoir jusqu’où ira le professionnalisme, et surtout, jusqu’où ça restera sain. Il y a des choses malsaines dans le sport de haut niveau et elles sont toujours liées à l’argent. Où se situe la limite ? Je n’en sais rien. Néanmoins, ma plus grande peur serait que mes enfants veulent devenir des sportifs professionnels. C’est tellement aléatoire pour plein de raisons, qu’elles soient physiques ou sportives… Et le pire, c’est que vu mon parcours, je ne pourrai pas leur dire non. »

Bonne chance papa…